Défense des agriculteurs sur le sujet des phytosanitaires

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3 Novembre 2016

J'ai défendu l’utilisation raisonnée des produits phytosanitaires lors de la séance des questions au gouvernement.

Alors que le gouvernement envisage de réduire drastiquement l’utilisation des produits phytosanitaires dans l’agriculture par l’extension des zones de non traitement, j'ai interpellé le Premier ministre en séance sur la suppression de millions d’hectares de terres cultivables que cette décision engendrerait. Malgré l’usage raisonné et raisonnable de ces produits par nos agriculteurs, une réglementation punitive les fragiliserait encore un peu plus face à la concurrence internationale. J'ai averti le gouvernement sur les risques que feraient courir ces nouvelles interdictions au secteur agricole français. J'ai enfin demandé au Premier ministre de trancher sur ce dossier qui fait l’objet de déclarations contraires des ministres de l’Environnement, de l’Agriculture, de la Santé et de l’Economie.

Retrouvez mon intervention en vidéo ci-contre et son compte rendu intégral ci-dessous:

Assemblée nationale

XIVe législature

Session ordinaire de 2016-2017

Compte rendu intégral

Séance du mercredi 02 novembre 2016

Produits phytosanitaires

M. le président : La parole est à M. Patrice Verchère, pour le groupe Les Républicains.

M. Patrice Verchère : Ce qui ne rehausse pas le débat public, monsieur le Premier ministre, ce sont les propos du Président de la République, certainement pas les questions légitimes de l’opposition ! (Applaudissements sur les bancs du groupe Les Républicains.)

Ma question s’adresse à vous, monsieur le Premier ministre.

Alors que le monde agricole vit des crises sans précédent, la réécriture de l’arrêté du 12 septembre 2006 encadrant l’utilisation des produits phytosanitaires fait vivement réagir nos agriculteurs et nos viticulteurs. Dans un contexte économique déjà très difficile, un projet d’arrêté interministériel envisagerait en effet de durcir drastiquement les règles d’utilisation de ces produits.

En l’état actuel, ce projet d’arrêté ne peut que légitimement inquiéter le monde agricole et viticole. Ce texte imposera des contraintes supplémentaires à nos exploitants en étendant les zones de non-traitement. On amputerait ainsi des millions d’hectares de terres cultivables et l’on réduirait significativement notre production agricole et viticole, jusqu’à, peut-être, provoquer la disparition de l’agriculture dans les agglomérations, comme celle de la métropole de Lyon, et sa quasi-disparition dans les secteurs périurbains, comme le département du Rhône.

Pleinement conscients des enjeux de santé publique et environnementaux, nos agriculteurs et nos viticulteurs, en particulier dans le Beaujolais, font depuis longtemps un usage raisonné et raisonnable de ces produits, notamment avec la mise en œuvre du plan Écophyto 2.

Monsieur le Premier ministre, nos agriculteurs et nos viticulteurs ne peuvent faire les frais d’une idéologie et d’une réglementation punitives qui les fragiliseraient un peu plus face à la concurrence internationale.

Monsieur le Premier ministre, si je vous interpelle sur ce sujet, c’est que la réécriture de cet arrêté semble provoquer des tensions au sein de votre gouvernement.

Monsieur le Premier ministre, même si, comme le dit un de vos ministres, « le patron, jusqu’à nouvel ordre, c’est le Président de la République », vous restez encore, pour le moment, le chef du Gouvernement. À ce titre, vous avez normalement autorité pour mettre fin à ses tensions et imposer un arrêté qui puisse préserver notre agriculture et notre environnement.

Finalement, la question posée par nos agriculteurs est extrêmement simple : Voulons-nous encore produire en France ? Voulons-nous encore produire français ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Les Républicains.)