Retraites: une réforme d'intérêt général

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5 Mai 2012

Le débat sur les retraites a suscité un important débat dans notre pays. J'aimerais revenir sur l’enjeu de cette réforme et sur sa réalité.

L’enjeu de la réforme:

Cette réforme des retraites a permis de sauver ce que nous appelons communément le système par répartition. Qu’est-ce que la « répartition » ? La répartition c’est tout simplement le socle de notre solidarité nationale. Avec la répartition, les Français ne cotisent pas pour leur propre retraite mais pour les retraités actuels, lesquels avaient eux-mêmes cotisé pour leurs aînés.

Je rappelle que pour financer les retraites, il y avait trois voies possibles :

• La première voie était de baisser les pensions des retraités. Le gouvernement n’a pas suivi cette voie, considérant que de nombreux Français perçoivent déjà de petites retraites et qu’il aurait été particulièrement injuste de pénaliser toute une génération ayant parfaitement accompli son devoir de solidarité envers la précédente.

• La deuxième voie était d'augmenter massivement les prélèvements obligatoires, notamment les cotisations que chaque salarié paie sur son salaire. Le gouvernement n’a pas suivi cette voie non plus afin de ne pas pénaliser le pouvoir d’achat des Français et ne pas ralentir la croissance.

• La troisième voie était de décider de travailler un peu plus longtemps. Le gouvernement a choisi cette troisième solution, celle que tous nos voisins européens ont également retenue. C’est la voie la plus raisonnable tout simplement parce que les Français, et c’est une chance, vivent plus longtemps : depuis 1950, nous avons gagné 15 ans d'espérance de vie !

La réalité de la réforme:

• Le premier axe de cette réforme, c'est donc un nouvel âge de départ à la retraite. Cet âge sera progressivement augmenté de 4 mois par an, pour atteindre 62 ans en 2018.

• Le deuxième axe de la réforme, c'est de ne pas demander le même effort à chacun, certains ayant des vies professionnelles plus dures que les autres. Ainsi, le dispositif « carrières longues », créé en 2003, sera maintenu et élargi : tous ceux qui sont rentrés très jeunes sur le marché du travail, c'est-à-dire avant 18 ans, et qui ont toutes les années de cotisations requises, pourront continuer à partir à 60 ans, voire avant.
La pénibilité a été prise en compte, ce qu'aucun autre pays européen n'a fait jusqu'à présent. Le projet de loi a prévu que pour tout assuré présentant un taux d'incapacité supérieur ou égal à 20%, l'âge de la retraite sera maintenu à 60 ans. Toute personne présentant un taux d'incapacité de 10% pourra également faire valoir ses droits devant une commission pluridisciplinaire. Sur la base des éléments que lui présentera le salarié, cette commission pourra décider de lui accorder le bénéfice d'un départ à la retraite à 60 ans.

• Le troisième axe de la réforme consiste à renforcer la solidarité de notre système de retraites par l'effort supplémentaire que nous demandons aux hauts revenus, aux revenus du capital et aux entreprises, ce qui représentera dès l'année prochaine près de 4 milliards de recettes supplémentaires.